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DAVIA
Événements · 4 min de lecture

Septembre 2016 : le jour où le Davia est redevenu officiellement un Dunkirk Little Ship

Comment j'ai contacté l'Association of Dunkirk Little Ships, la correspondance avec l'archiviste John Tough, et la certification reçue sous la présidence du Prince Michael of Kent. Un récit personnel.

Par Bruno Van Hemelryck, président de l'Association Davia

Un des moments que je n'oublierai pas, c'est l'ouverture de l'enveloppe venue de Ramsgate, en septembre 2016. Dedans, deux documents : le certificat d'adhésion à l'Association of Dunkirk Little Ships, et une plaque émaillée aux armes de la ville de Dunkerque, avec l'inscription Davia — Dunkirk 1940.

Voici comment ça s'est joué.

Les débuts du dossier

En 2015, un an après avoir repris le bateau, je ponce les cuivres de la timonerie à la paille de fer. Entre deux polissages, je commence à creuser l'histoire du Davia. Les archives de Francis Ruffenach sont fragmentaires : le bateau a eu au moins six propriétaires entre 1929 et 1980, plusieurs changements de nom (DaviaBarracudaBarracuda IIDavia à nouveau), et toute sa période britannique est floue.

Je contacte l'Association of Dunkirk Little Ships via leur site. Un archiviste me répond : John Tough. Il est bénévole, passionné, et il a probablement la plus grande base de données au monde sur les bateaux de Dynamo.

Je lui envoie ce que j'ai : les photos du Davia, les coordonnées du chantier Silver, le numéro d'immatriculation anglais d'origine que j'ai trouvé sur une plaque sous le moteur, et quelques inscriptions gravées dans le bois de la timonerie.

L'une d'elles, peinte sur une poutre du carré, intrigue John : « Cert Chart Space 27 Tons ». Je pensais à une référence de cargaison. Il m'explique que c'est une mention de Trinity House, l'organisation britannique qui gère les phares et les bouées des côtes de Grande-Bretagne. Trinity House était historiquement financée par des « frais de lumière » (light dues) prélevés sur les navires commerciaux en escale. Ces frais étaient calculés en fonction du tonnage net enregistré du bateau. Les 27 tons gravés dans le bois correspondaient au poids déduit du tonnage brut pour tenir compte de l'espace moteur et du logement de l'équipage — inutilisable pour du fret. C'était donc bien un bateau de plaisance, mais immatriculé commercialement, sans doute pour des raisons fiscales ou de conformité maritime.

L'enquête continue

Pendant six mois, John épluche ses archives et les registres Lloyd's. Il retrouve :

  • Le certificat d'enregistrement de 1929 au nom de Sir William Coryton, Air Chief Marshal.
  • Un article de la revue Motor Cruising (K. M. Miller & John Irving, années 1930) où le Davia est photographié, avec la légende : « This twin-screw, Scottish built, 52-ft cruiser has a fine cruising record. She has two 30 H.P. paraffin engines. »
  • Un document néerlandais de 1942 mentionnant le Davia comme bateau auxiliaire de la Royal Navy à Greenhithe (Kent), sur la Tamise.
  • Une nécrologie de Coryton dans le New York Times du 29 novembre 1994, confirmant son rôle dans l'Opération Dynamo.

Le dossier commence à tenir debout. En juin 2016, John me propose de présenter la candidature du Davia au comité de l'ADLS pour l'obtention du statut de membre de droit.

Le comité

L'ADLS n'accepte pas n'importe quel bateau. Il faut prouver soit la participation directe à Dynamo, soit un lien historique solide avec un bateau qui y a participé. Dans le cas du Davia, les archives du comité confirment sa présence sur la liste des bateaux auxiliaires de la Royal Navy à Greenhithe en janvier 1942, et les documents Silver confirment son type et son année de construction compatibles avec la réquisition de mai 1940.

Le comité vote à l'unanimité. Le Davia est admis en septembre 2016.

Le Prince Michael

Le président d'honneur de l'ADLS est Son Altesse Royale le Prince Michael of Kent, cousin de la reine Elizabeth II. Il attache un prix particulier à l'association et participe aux cérémonies de remise des plaques chaque fois que c'est possible. Ma plaque est arrivée par la poste — le Davia étant en France, je n'ai pas pu assister à la cérémonie de Ramsgate cette année-là.

À la place, j'ai reçu une lettre signée de la secrétaire de l'ADLS, avec une photo du Prince Michael lors d'une cérémonie précédente, et ces mots : « We are delighted to welcome Davia into the Association. Her history speaks for itself and we look forward to seeing her alongside the fleet at Ramsgate in the coming years. »

Fixer la plaque

J'ai mis quatre mois avant de fixer la plaque. Je voulais le bon emplacement, le bon bois, le bon jour. Elle est aujourd'hui sur la cloison arrière du carré, à côté de la cloche d'origine Davia 1929.

À chaque visite, quand quelqu'un la remarque et demande ce qu'elle représente, je raconte cette histoire. C'est la raison pour laquelle l'association existe : pour que cette plaque, cette cloche, et cette coque de 1929 continuent de raconter ce qu'elles ont à raconter.

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